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De la création de l'association Pierre Riboulet au premier Colloque Pierre Riboulet, un an de réflexion
 
  par Jean-Pierre Weiss  
     
 

Nous étions tous amoureux de son travail, séduits par sa pensée exigeante, charmés par sa disponibilité. Quand il est parti, nous avons eu envie qu’il reste encore, et prolonge ce qu’il avait apporté. Nous cherchions le moyen de le lui rendre, même a posteriori. L’association est née ainsi, en octobre 2005.
A l’assemblée générale constitutive, beaucoup ont accepté de dire leurs attentes, leurs exigences , leur disponibilité aussi. Le bureau s’est mis à vivre, a trouvé son rythme, ses méthodes. Il produit, beaucoup, débat, et consolide le sentiment profond de mêler utilité, bonne humeur et exigence intellectuelle.
Le colloque, c’est le premier défi d’ampleur. Nous y sommes, jeudi 16 novembre, 14 heures. La plaque posée depuis quelques heures sur le bâtiment Babinski de la Pitié-Salpêtrière symbolise bien nos intentions.
Elle est une signature, celle de Riboulet, sur un bâtiment vivant et qui continuera d’évoluer. La forme de l’écriture est contemporaine, et les matériaux choisis ne font aucune concession à la commémoration. C’est le bâtiment que l’on salue autant que son concepteur, pour son usage à part égale avec son dessin. C’est à l’avenir que nous nous adressons.
“Le temps, la ville et l’architecte”, nous savons bien le caractère démesuré du thème choisi.

Dans l’œuvre de Pierre Riboulet, Paul Chemetov ira chercher quelques illustrations affirmées de son approche du temps. Il n’a pas l’intention de délivrer de leçon magistrale, et moins encore d’enfermer les débats qui suivront dans des références obligées.
Ensuite, trois dialogues :


Pierre Bergounioux, écrivain, et Michel Corajoud, paysagiste et urbaniste, confronteront leur analyse sur le projet, rencontre du lieu et de la pensée.
Comment un projet d’architecture, conçu à une époque donnée, pour un lieu précis, avec un usage défini, parvient-il à répondre aux multiples questions de l’histoire et de la géogaphie ?

Michel Huet, avocat, et Christian Devillers, architecte, proposeront leurs réponses propres à la question de l’œuvre intangible ou adaptable.
Quand le temps passe sur le bâtiment et que change sa perspective d’usage, quelle réponse apporter qui concilie le respect de l’œuvre et la modification des paramètres qui ont guidé son invention ?

Pierre Albertini, député-maire de Rouen, et Emmanuelle Colboc, architecte, tenteront de répondre à leur façon à l’interrogation qui leur est soumise : quand l’œuvre architecturale a-t-elle fait son temps ?
Quand faut-il détruire, laisser disparaître ? Quand sauver à tout prix, conserver ? Comment répondre à l’ interpellation du temps sur les bâtiments ?

A la conclusion de Gérard Thurnauer s’accrochera la réponse à la question qui anime notre détermination. Avons-nous réussi ? C’est-à-dire : avons-nous contribué à rouvrir vers la société le débat sur l’architecture, à sortir l’architecture et l’urbanisme du cercle clos des experts diplômés dplg ? Et nous nous souviendrons, à ce moment, de l’aspiration de Pierre Riboulet à être, en permanence, de ces débats.

 
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