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| Lire Pierre Riboulet. | |||||||||
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| Réflexion sur l’ensemble du travail de ces dix dernières années | |||||||||
Que ce soient les études ou les bâtiments réalisés, qu’il s’agisse des détails de l’architecture ou de vastes compositions urbaines. cette masse de dessins, de maquettes, de textes, toute cette œuvre est traversée par une recherche d’unité qui ne s’est jamais démentie. Cette unité ne peut venir de nulle part. Elle est ancrée dans le travail même de composition : la découverte sans cesse nouvelle et sans cesse renouvelée de rapports multiples, complexes entre le tout et les parties qui forment l’œuvre. Si l’ensemble de ce travail se situe clairement dans un registre formel contemporain issu du mouvement moderne, il m’a toujours semblé qu’une telle création de formes nouvelles ne pouvait se concevoir qu’en rapport avec le cadre existant – naturel ou construit – qui devait les accueillir. Autrement dit, l’unité interne de l’œuvre doit s’inscrire dans une unité plus large qui fragment après fragment devrait gouverner la ville. Ce « déjà-là » – quel qu’il soit – a été façonné par l’histoire pour le magnifier ou quelquefois pour le martyriser et dans tous les cas le projet d’architecture ou de composition urbaine doit se fonder dans ce lieu et dans cette durée. Il doit puiser là une sorte de légitimité, trouver un sens qui le garantira du risque, toujours présent, du formalisme. Ainsi chacun de ces travaux possède ce double caractère d’une fondation profonde dans un passé généralement riche de substance et d’une ouverture vers un avenir aussi vaste que nous puissions l’imaginer liberté. ouverture. lumière. qui sont pour moi les matériaux mêmes de l’architecture contemporaine. Aussi bien et aussi important cela soit-il, l’architecture n’a jamais été qu’un simple système formel. Le beau terme d’« établissement humain » implique, exige, que le contenu soit, avec l’histoire la seconde légitimité de la forme. J’ai toujours, dans mon travail, attaché la première importance au programme, ses nécessités, son fonctionnement, pour lui accorder dans le projet les meilleures conditions d’habitabilité. C’est seulement quand la synthèse entre la forme et le contenu est opérée que l’on peut parler d’architecture au plein sens du terme, quand l’« intérieur » s’exprime dans les volumes, sur les façades, par les matériaux, les ombres et les lumières, les proportions et les échelles, que le « caractère » du bâtiment est atteint. Ceci réduit à néant tout débat entre le formalisme et le fonctionnalisme. Double ancrage donc : dans l’histoire et les lieux, dans l’unité
du tout et des parties. Chacune des œuvres fonctionne sur ce double
registre. Leur regroupement doit s’opérer, me semble-t-il,
selon deux configurations différentes : Dans les deux cas, c’est une réflexion sur l’espace public, sur le moyen de le matérialiser, qu’il soit à l’extérieur ou qu’il pénètre les bâtiments, qui va servir de ligne directrice au travail, persuadé que je suis qu’une modification et une transformation de la limite entre l’espace public et l’espace privé – avec tous les lieux de transition et les passages nécessaires – est une voie de recherche fructueuse pour l’architecture de notre époque.
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